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Old Apr 8, 2008 | 9:20 am
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StarAlliance2005
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Exclamation La sur-offre dans l'aviation

La sur-offre dans l'aviation
Jean Maurice Duddin - Journal de Montréal


La sur-offre dans l'aviation

La sur-offre est surtout répandue sur les lignes à grand débit, comme Toronto-Montréal

Contrairement à l'épicerie, à la quincaillerie ou à Vidéotron, où le même produit se vend le même prix pour tout le monde, dans l'aviation, les 200 places d'un même avion peuvent avoir été vendues à 200 prix différents.

«On appelle ça le yield management, ou gestion de l'offre et de la demande» explique Paul Arsenault, directeur du réseau de Veille de la chaire en tourisme Transat de l'Université du Québec à Montréal (UQAM).

Les compagnies aériennes ne peuvent pas stocker les places dans les avions, elles doivent les vendre, sinon elles sont perdues, explique-t-il.

Elles articulent donc une politique de prix très sophistiquée qui fait en sorte qu'un voyageur qui veut absolument avoir un départ garanti, avec un remboursement en cas de problème de sa part, paiera plus cher pour préserver son vol du moindre pépin.

À l'inverse, les voyageurs qui veulent absolument payer le moins cher possible trouvent des billets qui ne sont ni remplaçables, ni remboursables, ni transférables.

«La différence est importante. Par exemple, pour la plupart des classes affaires, le prix des billets payé va de quatre à huit fois le prix des billets de la classe économique.

«Ça explique pourquoi Air Canada peut décoller avec 60 % de ses billets vendus parce qu'il y a beaucoup de places en classe affaire, tandis que Transat, qui vend peu de billets en classe affaires, doit voler avec des appareils pleins à 90 ou 95 % de leur capacité, sans quoi elle est dans le pétrin», explique M. Arsenault.
Sur-réservé
D'où le overbooking, soit la sur-offre de billets. La sur-offre se retrouve surtout sur les lignes à grand débit, comme Montréal-Toronto, puisque les voyageurs d'affaires se gardent toujours la possibilité de partir plus tôt, plus tard, le jour d'avant, le jour d'après, en fonction de leurs réunions.

«Comme ces billets sont vendus plus cher, les compagnies aériennes n'ont pas de gêne à offrir des compensations aux voyageurs qui voyagent avec des billets à rabais, quitte à leur octroyer 150 $ de crédit pour un prochain vol.

«Ça leur coûte toujours moins cher puisqu'elles laissent la place à des voyageurs d'affaires qui ont payé beaucoup plus cher leur place à bord», observe M. Arsenault.

Il y a même des règles pour le overbooking, autant aux États- Unis qu'en Europe. Si vous êtes refusé, votre compensation sera de 200 $ pour un vol de moins de 400 kilomètres, 400 $ pour un vol jusqu'à 800 kilomètres et 800 $ pour un vol long courrier.

Ici, Air Canada offre de 60 $ à 200 $ en valeurs Air Canada pour ces inconvénients.
Inconvénients
Sauf qu'une gestion efficace de la suroffre ne cause pas tant des inconvénients que de meilleurs services.

À Air France, on explique que sur l'Atlantique Nord, pour 10 000 passagers à bord, 1080 d'entre eux auront eu une place grâce à la suroffre, alors que seulement 8 personnes n'auront pas été embarquées à cause d'appareils complets.

En gérant ainsi les habitudes, les demandes de places et l'offre de sièges, Air France réussit à garantir un accès maximal à tous ses clients, peu importe le tarif payé.

Elle réduit aussi son risque de refus d'embarquement pour un voyageur et optimise le remplissage de ses vols.
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